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Candes, Saint Martin et Saint Maurice


Le souvenir de Martin ne doit pas faire oublier que l’église primitive de Candes était vraisemblablement dédiée à un autre officier de l’Empire romain, martyrisé en raison de sa foi, et pour qui l’évêque de Tours avait une profonde dévotion : Saint Maurice.

Maurice et le martyre de la légion thébaine
Maurice, soldat de l’Empire comme Martin, commandait la « légion thébaine », une troupe appelée d’Egypte pour appuyer Maximien dans sa lutte contre les Bagaudes et les Alamans. La légion campait près d’Agaune, et Maximien voulut contraindre ces soldats chrétiens à agir contre leur conscience en sacrifiant aux dieux et en persécutant d’autres chrétiens. Saint Maurice et ses compagnons décidèrent d’obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes et furent massacrés vers l’an 300. Vers 430, Saint Eucher, évêque de Lyon, écrivit le récit de ces événements dans la « Passion des martyrs d’Agaune ».

Martin et les reliques de Saint Maurice

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Saint Martin s’est rendu lui-même à Agaune, sur le lieu du martyre. Il en a rapporté des fioles contenant du sang, qu’une tradition considère comme du sang des martyrs secrété par les bruns d’herbe à l’endroit du massacre. Les trois fioles furent données à la cathédrale d’Angers, à la cathédrale de Tours et à l’église de Candes. La première fut détruite durant les guerres de religion, la seconde durant la Révolution française. Seule demeure la fiole de Candes. Retrouvée au XIXè siècle lors du déplacement du maître autel, la relique fut analysée à la requête de l’archevêque de Tours. Il en résulte qu’elle contient de « la matière brune se composant d’un reste altéré par le temps d’une substance animale, sang ou chair imbibée de sang ».

Saint Maurice et Candes
La première église de Candes fut probablement placée sous le patronage de Saint Maurice, puisqu’elle en conservait les reliques. Mais, dès la mort de Saint Martin, Candes est associé au nom et au souvenir de l’évêque de Tours, à tel point qu’au XIè siècle, pour désigner la collégiale, le nom de Martin, ou bien se joint, ou bien même se substitue à celui de Maurice. En témoignent le cartulaire de l’abbaye de Bourgueil qui mentionne « l’office qu’avait Bourgueil en l’église de Saint Martin et de Saint Maurice de Candes » ou encore une bulle papale énumérant parmi les biens de l’abbaye « la prébende en l’église Saint Martin de Candes ». Tant et si bien que la nouvelle église, construite à partir de 1175, est dédiée au seul Saint Martin. La commune de Candes elle-même changera de nom pour devenir Candes-Saint-Martin … au milieu du XXè siècle, en 1949.
Aujourd’hui, même si le nom et le prestige de Saint Martin ont quelque peu éclipsé la figure de Saint Maurice, la collégiale peut se targuer de conserver une relique offerte par Saint Martin lui-même, témoignage précieux de l’attachement de l’évêque de Tours pour Candes et de la grande dévotion qu’il avait pour l’officier mort martyr.


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